S'il est vrai que la hausse des températures moyennes de ces 100 dernières années pourrait résulter tout simplement de variations climatiques naturelles, il est également vrai que l'homme modifie indubitablement la composition de l'air qu'il respire. Et comme l'atmosphère est un des principaux éléments du système climatique, il est possible que l'homme participe à la modification du climat...
La terre a subi des changements considérables depuis 1750, et en particulier depuis le commencement de ce siècle. En dehors d'un développement industriel colossal, associé à une pollution atmosphérique à grande échelle sans précédent, elle a connu une explosion démographique invraisemblable.
La population, mondiale est en effet passée de 1 milliard d'individus en 1800 pour atteindre 6 milliards aujourd'hui. Ces deux facteurs entraînent évidemment une demande toujours accrue en énergie, avec toutes les conséquences que nous connaissons. Les principaux coupables sont les combustibles fossiles : charbon, pétrole et gaz naturel.
Leur combustion s'accompagne en effet de la production d'énormes quantités de CO2. Depuis 1750, une augmentation de 30 % de la concentration de ce gaz dans l'atmosphère a été constatée. Du fait que ce supplément n'est pas émis naturellement, mais bien rejeté par l'homme, il ne contribue pas à l'effet de serre naturel, mais à ce qu'on appelle l'effet de serre renforcé.
Si nous examinons l'évolution de la concentration de CO2 à long terme, il est inquiétant de constater que la concentration actuelle est nettement plus élevée que pendant les 150.000 dernières années, et qu'elle augmente toujours à une vitesse inégalée...
De plus, la concentration de méthane dans l'atmosphère a quasi doublé par rapport à 1750, résultat de l'élevage intensif, des décharges, des incendies de forêts tropicales, de l'industrie pétrolière et minière... En plus du dioxyde de carbone et du méthane, d'autres gaz contribuent largement à l'effet de serre renforcé : le NO2, L'O3...
Alors le réchauffement climatique était-il la conséquence de la concentration des gaz à effet de serre ? Intuitivement nous aurions tendance à le penser... Le réchauffement général concorde bien avec l'hypothèse des gaz à effet de serre. Mais les scientifiques ne raisonnent pas de la même manière.
D'autres scénarios susceptibles d'entraîner un réchauffement climatique peuvent en effet être envisagés : modification de l'activité solaire, éruptions volcaniques, etc... Les chercheurs ont toutefois déjà souligné que l'activité changeante du soleil n'est pas suffisante pour expliquer les variations de température observées.
Un type de scénario basé sur l'influence des aérosols sur l'atmosphère est plus plausible. En effet, les chercheurs ont observé que les régions les plus industrialisées donc celles qui utilisent le plus d'aérosols, subissent une évolution de leur climat qui ne peut pas s'expliquer de façon naturelle.
Que penser en définitive ? L'homme modifie le climat par-ci par-là, d'accord, mais est-ce si grave que cela ? S'il fait plus chaud maintenant, c'est tout de même agréable, non ? Si une hausse d'un demi-degré n'est pas très spectaculaire, cette évolution s'est produite sur 100 ans ! Nous pouvons donc parler d'une brusque poussée de fièvre de la planète.
Le problème vient du fait que ce réchauffement pourrait être beaucoup trop rapide pour que l'homme parvienne à s'adapter à ses effets néfastes. De plus, il y a de plus grands risques que l'effet de serre renforcé désorganise le climat au point de provoquer des mécanismes de rétroaction qui le modifierait totalement.
Celui-ci deviendrait alors provisoirement imprévisible et serait fort probablement moins favorable à l'homme. L'effet de serre renforcé pourrait alors nous réserver des surprises désagréables, difficiles à évaluer à l'avance. Une perturbation du système climatique a en effet des répercussions non linéaires.
Ce qui veut dire qu'un faible changement au départ ne donne pas forcément une légère modification à l'arrivée. Au contraire, l'impact est inattendu, abrupt et intense ! Un détail est modifié est il ne se passe rien, un autre toujours rien... jusqu'au moment où l'ensemble du système est soudain bouleversé en profondeur, alors que le changement n'était pas plus important que les autres fois.
C'est un peu comme sur l'autoroute, vous roulez sans problème vers votre destination quand, tout d'un coup, pour une raison indéterminée vous devez ralentir... pour finalement vous retrouvez dans un embouteillage monstre. Une raison ridicule, un petit ralentissement dû à un petit surplus de voitures) bouleverse brusquement la situation prévue...
De même, une multiplication soudaine des gaz à effet de serre, comme celle que nous vivons actuellement, dérange considérablement le modèle prévu. Einstein a dit un jour « Dieu ne joue pas au poker avec l'univers. » Il entendait par là que l'univers est un tout bien orchestré où rien n'est laissé au hasard. P
ourtant, l'homme est peut-être en train de jouer au poker avec son environnement naturel... Un climatologue américain affirmait que le mode d'emploi de la terre, au chapitre climatisation, avertissait l'utilisateur que le système était réglé sur le confort maximal et qu'il ne fallait absolument pas toucher aux boutons !
En fait, nous nous trouvons aujourd'hui dans une situation par rapport à laquelle nous n'avons aucune expérience. Selon les scientifiques, il devient de plus en plus évident qu'un changement va avoir lieu. Mais c'est tout ce qu'ils peuvent dire pour le moment...
Alors est-ce un scénario version « Le jour d'après » qui nous attend ? Personne ne peut le dire, mais il est temps que les hommes essaient d'inverser la vapeur...
« Sauver nos forêts
Ecologie et développement durable »